Nous voici de retour au Clos de la Vaupalière près de Rouen pour une nouvelle réunion de CSEC.
Cette journée sera découpée en 2, tout d’abord une partie CSEC avec la présentation des experts, puis une partie négociation PSE.
La séance commence par une interruption de séance à la demande des élus à 9h11 afin de pouvoir consulter les 17 documents que la Direction nous a envoyé dimanche et ce matin.
Après avec consulté nos experts sur ces documents, la séance reprend à 9h48 par des déclarations des différentes OS présentes. En effet, dans un courrier adressé à la Drieets, le secrétaire du CSEC a été nommé nominativement, et vu la tournure du courrier il nous a tous semblé qu’il s’agissait d’une attaque personnelle. Toutes les OS appellent à cesser les attaques personnelles contre les membres du CSEC et apportent leurs soutiens à notre secrétaire du CSEC. Côté CFE-CGC nous doublons notre soutien puisque le secrétaire appartient à notre OS.
À la suite de cette vague de soutien, la Direction précise qu’elle ne souhaitait pas attaquer notre secrétaire…
La matinée étant chargée, nous passons au sujet suivant : la présence d’extraits de PV de CSEC non validés par les membres du CSEC dans le courrier de la Drieets. Pour donner du contexte, après chaque CSEC (ou CSE) un procès-verbal est établi et doit être validé par les participants. Ici la Direction a utilisé des PV sans qu’ils aient pu être revu par nous… La Direction réplique qu’il s’agit d’une demande de la Drieets et nous nous étonnons…
Le sujet s’enlisant, les experts commencent leur présentation par la maintenance. La Direction, dans son plan de réductions d’activités due à l'arrêt des unités chimie, mais également d’"optimisation" en vue d'améliorer la compétitivité prévoit une réduction de 45% des effectifs.
Pour nos experts, les données entrantes (charges de travail actuelles) sont erronées car il n’y a pas eu de diagnostique de l’existant.
Pour le Directeur Maintenance il n'y aura pas d'évolution du modèle d'organisation actuel, mais si on en croit nos experts DIFECOS, nous craignons que cela ne sera pas le cas, et que les périodes IM seront gérées différemment, notamment en augmentant la sous-traitance. Surtout la sous-traitance "horizontale", travail effectué par des contractés (tâches qui pourraient être effectuées par du personnel EM). Une OS demande si la Direction a pris en compte l’impact de la sous-traitance sur la fiabilité car cela induit une fuite des connaissances.
La Direction (C. Amyot) : nous fait une « réponse high level ». L’approche organisationnelle ne change pas. Pour lui, les inquiétudes sur la fiabilité n'ont pas lieu d'être. Il s'appuie sur benchmarking (Solomon) pour étayer son propos.
Puis il passe la parole à M. Mirgone qui cite lui aussi le benchmarking Solomon, puis des IM sur d'autres sites, avec des budgets équivalents, qui ont déjà eu lieu sans problèmes.
M. Mesnil prend ensuite le micro et déclare qu’il n’y aura pas de changement de modèle de Maintenance, ni du ratio de contractés. Et que de plus l’équipe IM sera toujours présente.
Une OS demande des précisions sur comment redémarrer en sécurité les installations.
Pour la Direction (M. Mirgone) : L'argent sera dépensé sur les zones/secteurs qui le nécessitent.
Nous, CFE-CGC, nous permettons d’interpeller la Direction en lui rappelant que la réussite d’une IM dépend de la disponibilité des ressources et des compétences. Avec ce PSE, nous allons perdre des compétences. Nous rappelons que le temps de transmission des connaissances est long. Nous sommes inquiets sur la pérennité du site.
La Direction (M. Mesnil) nous répond que l’organisation IM est maintenue. Qu’on perd un gros IM en 2028 mais qu’il restera les "petits" IM. (Plus petits que 2025 et 2026).
Nous, CFE-CGC, appuyons notre point : Dans l'année qui vient, il y aura une perte brutale de compétences.
Ce à quoi la Direction (M. Mesnil), nous confirme que « oui, il y aura un impact sur les compétences... »
Nous, CFE-CGC, posons une question sur la sous-traitance : Des postes de contractés sont maintenus depuis de nombreuses années. Est-ce normal ? Cela ressemble à du délit de marchandage.
La Direction (M. Mesnil) répond qu’on a des contrats de service et que les personnes dans nos locaux sont sous contrat de service.
Puis une autre OS prend l’exemple de l’inspection car il y a beaucoup de besoin de sous-traitance dans ce service. La Direction (M. Léonardi) profite de cette question pour nous dire que le taux d’utilisation de la sous-traitance n’augmentera pas après le PSE. Il sera le même ou en baisse. Puis il explique qu’il y avait des compétences clés en génie civil qui s'appuyaient sur société extérieure. Un poste cadre a été créé + 1 poste mission transformé en poste organique. Il fait également mention des Tech Center qui apporteront de l’aide mais déclare tout de même que la sous-traitance restera obligatoire pour rester compétitif.
CFE-CGC : Nous avons des exemples où des sous-traitants reçoivent au quotidien des ordres de personnel EM. On a des cas de personnes d'entreprises extérieures qui ont demandés à être embauchées suite à sous-traitance de longue durée. Nous sommes dans un cas dans une situation de délit de marchandage. Et dans le cadre d’un PSE il semble anormal de continuer à faire appel à de la sous-traitance alors qu’on supprime des postes ExxonMobil.
La Direction s’inscrit en faux dans ces propos et cite le cas de société d’échafaudage. Nous rappelons qu’il ne s’agit pas de ce genre d’activités.
Experts DIFECOS : évidemment la Direction ne dira jamais qu’il y a délit de marchandage. Il faut des éléments précis sur la présence des contractés dans les organisations. Les superviseurs savent très bien combien il y en a. Il faut de la clarté afin de pouvoir vérifier si le taux de la sous-traitance augmente ou pas, et donc si le risque d’externaliser des activités est présent ou pas. Et enfin il y a bien des postes supprimés pour lesquels des contractants font le même job. Attention également sur le renouvellement des compétences évoquée par la CFE-CGC, c’est aussi le cas sur les sous-traitants car ils ont bien compris qu’ils vont devoir trouver du travail ailleurs. Il y aura donc aussi une perte de compétence et de support.
Sur la partie stratégie : 40% d’investissement en moins sur les IM ce n’est pas rien. A quelles conditions organisationnelles peut-on envisager ces réductions d’investissements ? exemple nouvelle stratégies de pièces détachées ? La Direction n’indique rien dans ces documents. De plus, cette baisse de budget inquiète beaucoup les préparateurs qui préparent des IM qu'ils ne réaliseront pas !
La Direction ne commentant pas, les Experts passent à la présentation de la Maintenance Exécution. Toute l'organisation Chimie disparait ; il ne restera que l'équipe maintenance additifs + un reliquat restant.
3 postes de techniciens Maintenance sont conservés pour effectuer la maintenance des unités HOP/PRU/DHU/T1305 de la BT BCI et des sphères C4 de la BT PE. L'estimation de leur charge de travail basée sur le nombre de notifications est très éloignée de la réalité du terrain !
ex : 1 notif recharge de catalyseur peut mobiliser plusieurs personnes ; il faudrait avoir une analyse bcp + qualitative de leur charge de travail.
Les rechargements de catalyseur sur HOP (organisation 2x8) vont entrainer un report de charge sur les techniciens conversion.
Une OS demande comment l'équipe Maintenance va-t-elle pouvoir gérer toute la charge de travail de la future organisation GMN + HOP ?
Pour la Direction, la charge a été estimée par rapport au nombre d'équipements restants et donc tout va bien.
Les experts DIFECOS reprennent leur rapport : l’équipe conversion ne sera pas en mesure d'absorber la charge de travail. Mais pour la Direction, comme 1 préparateur fer est ajouté à l'organisation (qui assurera les accompagnements pour chargement/déchargement cata de HOP), il n’y a pas de sujet.
Les experts reconnaissent le besoin d’un préparateur sur 2 métiers, mais cette personne devra aussi être technicien superviseur en partie sur le rechargement du poly plant. Ce qui fait un poste multicarte. Il est donc difficile de se projeter dans la faisabilité de ce poste, surtout qu’il n’y aura pas de backup. Ce dernier point, les backups, est d’ailleurs passé sous silence dans les documents fournis par la Direction.
Une OS relève la réponse de la Direction dans un précédent CSEC concernant ce sujet. La Direction avait mentionné que les backups étaient faits lors de périodes où l’activité était moindre… Cette OS rappelle que, en général, pendant ces périodes de backup il y a un fort taux de break-in et de P0/P1 et que ce n’est pas cohérent avec prendre de l’activité en plus. Les experts interviennent et reprennent ces propos qui sont très partagés par les personnes qu’ils ont rencontrées, et que cela n’est pas pris en compte dans les charges de travail estimées par la Direction.
La Direction réplique que cette discussion a déjà eu lieu dans les CSE, qu’en moyenne cela va passer et que concernant IEA, l'intégration de l'équipe IEA HOP à l'équipe Conversion permettra de gérer.
CFE-CGC : sur la question des backups, la Direction fait cette réponse dans le courrier à la Drietts : « pour les personnes de jour il n’y a pas besoin de backup car il n’y a pas de tâches urgentes à réaliser tous les jours. » C’est aberrant !
Extrait exact du courrier envoyé par la Direction à la Drieets : « Pour la majorité des équipes jour, les périodes d’absence structurelle des salariés (typiquement les congés scolaires) s’accompagnent d’une réduction de l’activité rendant le back-up non nécessaire. En effet, ces postes dits « en jour » ne se caractérisent pas par une liste d’activités obligatoires et un volume d’activité à déployer impérativement chaque jour. »
La Direction tente de se justifier : pour le personnel de quart, c'est prévu, pas de problème. Pour le personnel jour, c'est du cas par cas. Nous avons répondu à la DRIEETS de manière générale…
S’en suit ensuite un discours de la Direction sur certains services pour lesquels un des Directeurs présents se targue de connaitre en détail l’activité de toutes les personnes qui le compose.
CFE-CGC : nous vous écoutons dire que vous savez ce que font en détail vos équipes, mais cela a été contredit par vos propres experts. En effet, si nous relisons le PV du dernier CSEC, une OS déclarait que les données entrantes, donc fournies par vous, étaient baisées et votre expert a confirmé ces propos car il a été obligé de demander à descendre à des niveaux de hiérarchie inférieur pour avoir plus de détail.
La Direction ne répondant pas, une OS enchaine en demandant le cahier des charges d’Alixio (experts de la Direction) ainsi que leurs accréditations. La Direction refusant de répondre à cette question, et insistant sur le fait qu’ils ne contestent pas le rapport des experts DIFECOS qu’ils ont lu avec attention, nous, CFE-CGC, intervenons en citant le courrier que la Direction a envoyé à la Drieets :
« S’agissant du rapport d’expertise (ndlr DIFECOS / CIDECOS) : de façon générale, celui-ci nous parait contestable sur de nombreux points, intégrant des affirmations et données erronées ou encore des prises de position purement subjectives. »
La Direction, ne souhaite pas répondre sur les accréditations de leur cabinet d’expertise et tente d’éteindre le sujet en disant qu’ils n’ont pas tirés les mêmes conclusions que nos experts (DIFECOS).
CFE-CGC : Vous pouvez avoir un point de vue différent sur les conclusions de nos experts mais là vous mettez en cause l’intégrité du cabinet DIFECOS/CIDECOS, et ce n’est pas acceptable.
Dans un souci de transparence, nos experts rappellent ensuite leurs agréments et méthodologies à la Direction (notamment s’appuyer sur le travail réel et non des estimations des managers). Et assurent que Alixio ne fait pas parti des experts certifiés. Chose confirmée par une des OS. Petit bémol à ce point, il semble que Alixio n’a pas besoin d’être certifié pour pouvoir faire les expertises demandées par la Direction.
Après une pause déjeuner, les experts DIFECOS reprennent la partie maintenance exécution avec un focus sur la préparation OXO /C3 / C4. Pour les experts des questions se posent car on ne sait pas dans quelle mesure les 2 postes de préparateurs supplémentaires sont dimensionnés pour absorber la charge moyen terme fer / méca et IEA.
En ce qui concerne les FLS, il faut une double compétence sur 2 métiers mais aussi un périmètre plus grand. Cela engendrera certainement un report de charge notamment de coordination vers le préparateur. Ce qui n’a pas été pris en compte dans l’analyse des charges.
CFE-CGC : par rapport à l’Air Gapping : est-ce que l’équipe OXO / C3 / Conversion peut être affectée ? Peut-on être amené à retirer des techniciens pour les détacher sur l’Air Gapping.
La Direction répond que non cela n’est pas prévu.
Les experts reprennent et indiquent qu’au vu de la nouvelle organisation prévue, il sera extrêmement difficile de détacher des personnes de ce service pour d’autres évènements.
De plus, le changement de GEMS vers STRIPES peut engendrer une utilisation en parallèle de ces 2 systèmes, donc du travail en plus et sans avoir de calendrier précis.
CFE-CGC : c’est une transition qui ne sera pas sans impact. Ces 2 systèmes sont complètement différents et il ne faut pas minimiser la charge de travail que cela engendre.
La Direction : les additifs resteraient sur GEMS le reste sera basculé sur STRIPES fin 25. Il y aura ensuite la transition GEMS / STRIPES vers Polaris et ça sera pour après.
CFE-CGC : c’est quand plus tard ?
La Direction : Au moins en 27.
CFE-CGC : un plan de formation pour STRIPES est prévu ?
La Direction : on verra suivant les profils de gens…
Les experts passent ensuite aux additifs. L’équipe maintenue quasi en état, sera rattachée à la Maintenance. En plus des problématiques déjà soulevées, il y a un décalage entre les chartes du projet et nominatives, avec 2 chartes missions qui n’apparaissent pas dans la charte d’origine. Les experts posent la question du devenir de ces postes. Ce sont des CDD qui effectuent bien des tâches courantes qui n’ont pas vocation à disparaitre.
La présentation des experts sur ce point étant finie, les OS commentent et passent aux revendications.
CFE-CGC : nous demandons l’application des préconisations de notre experts afin de préserver nos collègues qui vont rester dans les organisations mais aussi pour la pérennité de notre site.
Les experts passent ensuite à la présentation du Groupe Maintenance support qui se divise en 3 pôles : Planification, gestion des contrats, interface achats/suivi des coûts. Le pôle gestion de contrats est réduit de 15%. Comment cela justifie-t-il les 30% de réduction de postes ?
CFE-CGC : la baisse d’activité n’est pas proportionnelle à la suppression des postes, c’est la même problématique pour ce groupe maintenance support et pour les achats, comme déjà mentionné.
De plus, pour les experts, le transfert des activités des 2 postes Gestion vers Prague pose question, mais pour la Direction, ceci est justifié par le fait que si le volume des contrats baissera de 15%, la charge administrative globale baissera elle de 40%.
Les experts demandent à la Direction d’avoir des réponses de fond aux éléments qu’ils amènent, mais sans succès.
CFE-CGC : on rejoint encore une fois le commentaire sur la charge de travail initiale. Nous savons par exemple que ce petit groupe Maintenance support est déjà très chargé. Cela nous semble contreproductif de le réduire encore groupe. Aujourd’hui il existe une synergie entre ce groupe et celui des achats. Ils sont tous dans le même bâtiment. Demain il y aura une partie à Prague. Cela ne peut pas fonctionner.
Les experts reprennent la main et termine sur la phase de transition : l’équipe, FLS y comprit, peut être renouvelée via le PSE, et cela se fera en même temps que les utilisateurs. De plus qui d de la charge des IM 25 et 26 qui va tomber en même temps que cette nouvelle organisation. Les experts recommandent donc de maintenir le poste de 3ième gestionnaire de contrat.
Comme il n’y a pas de commentaires de la Direction, les experts passent ensuite au Groupe Gestion (support cout, interface magasin, support SAP). Une partie des tâches partent à Prague et ensuite des postes seront fusionnés. Il y a beaucoup d’incertitude sur les charges de travail, est-ce que cela justifie la réduction de moitié du groupe ? Les experts n’en sont pas du tout sûrs. De plus, DIFECOS demande le maintien du poste de FLS car il fait office de manager mais s’occupe aussi de tâches annexes et cela permettrait d’assimiler le surplus de charge de travail.
CFE-CGC : si le FLS est supprimé en avril et que l’équipe reste jusqu'en novembre, qui va superviser l'équipe ?
La Direction répond que cela sera le responsable du groupe support.
Maintenance support Planification : le projet prévoit d’officialiser une organisation en test depuis le début de l’année, c’est-à-dire au plus prêt des équipes de maintenance de routine. Ce projet réduit le nombre de planificateurs de 7 à 4. Si cette nouvelle organisation au plus près de la maintenance routine semble cohérente, il reste des questions sur les périmètres des planificateurs.
Où va atterrir l’activité planificateur moyen terme, notre compréhension est que cela serait celui des additifs qui le récupèrera. Est-ce que cela sera ok avec l’activité court terme côté additifs ?
De plus, ce poste fait aussi un support SAP aux utilisateurs. Il faut clarifier ce report de charge. Il reste aussi le problème de la suppression du FLS, on ne voit comment tout cela va être mis en œuvre dans la nouvelle organisation ?
La Direction : le lead planner aura le lead technique vis a vis des planificateurs et il fera aussi le support aux utilisateurs, c’est pour cela que des tâches, genres petits évènements seront transférés ailleurs.
Les experts ayant finis leur présentation voici les réponses de la Direction :
- Le poste prépa fer Oxo/C3/C4 a été ajouté suite à négo.
- Pour additif, projet SO3, cela sera traité séparément dans le cadre d’une présentation en CSEE Ersas et EMCF.
- Technicien IEA C3/C4 supplémentaire : pas nécessaire.
- Groupe contrat : on confirme la suppression du poste donc non à votre demande.
- Sur les planificateurs, pas besoin de garder un FLS planificateur. Le mentorat sera fait par le Lead planificateur.
En gros la Direction entend nos arguments mais n’en tient pas compte…
Comme nous avons fini la partie maintenance, la Direction propose de passer à la (non) négociation PSE.